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FRISSONS QUEER : FANTASIA x IMAGE+NATIONQUÉBEC EN VUEMADE AU CANADACOMPÉTITION

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A LONG WINTER[MADE AU CANADA]117 minutesNOV 27 / 21:00

Un jeune gay revient vivre dans les montagnes du Colorado auprès de son père taciturne, de son frère et de leur mère qui rêve d’ailleurs. Un film élégiaque, majestueux et intime, superbement mis en images par André Turpin. Dans les années 50, Mike revient vivre dans la maison familiale, nichée dans les montagnes du Colorado, après avoir vécu sur une ferme. C’est un jeune homme tranquille, apparemment peu troublé par ses rêveries homosexuelles. Son frère part bientôt pour la Corée et son père tente de sortir de l’alcool leur mère, femme frustrée qui rêve d’ailleurs. Un jour, elle disparaît sans laisser de traces. Magnifiquement filmé par Andrew Haigh (Weekend, 45 Years, All of Us Strangers), A Long Winter déroule peu à peu son récit poignant sur le désir, le deuil et la résilience. Le directeur-photo québécois André Turpin tire le maximum de la beauté grandiose des paysages et met admirablement en lumière le jeu nuancé des acteurs, tous impeccables. En premier lieu, Fred Hechinger dans la peau d’un rafraîchissant personnage queer sans que cette donnée soit l’essentiel de sa nature.

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A SAFE DISTANCE[FRISSONS QUEER : FANTASIA x IMAGE+NATION]86 minutesNOV 27 / 21:15

Un film sublime ancré dans la nature sauvage canadienne. A Safe Distance, réalisé par la cinéaste primée Gloria Mercer, est une œuvre saisissante à tous points de vue. Particulièrement audacieux dans sa critique du patriarcat en milieu sauvage, le film explore la notion même de survie tout en offrant une relecture féministe et rafraîchissante d’un conte d’amant·e·s en cavale. Avis aux fans de Yellowjackets : ce film est fait pour vous ! La fragilité n'y a pas sa place, car l'hémoglobine et la ruse jalonnent le parcours de personnages poussés bien au-delà de leur zone de confort, parfois par choix, parfois par pur hasard. Lorsqu'une demande en mariage tourne au vinaigre, Alex, une femme abandonnée à son propre sort, se retrouve en compagnie de deux inconnus intrigants. Leur rejet des normes sociales la séduit et l'arrache à la monotonie de son existence. Au terme d'une nuit de chaos sous substances psychédéliques, Alex voit tout son système de valeurs s'effondrer, atteignant des profondeurs qu'elle n'aurait jamais cru possibles. Fluide et cinétique, sublimé par l'utilisation de téléobjectifs et de zooms, A Safe Distance est une expérience cinématographique aussi rare que captivante.

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A SECOND LIFE[COMPÉTITION]77 minutesNOV 28 / 19:00

A Second Life suit une journée dans la vie d'Elisabeth, occupée à courir dans tous les sens pour accueillir des locataires d’Airbnb venus à Paris pour les Jeux olympiques d'été. En proie à la dépression et à une perte d'audition, elle s'avère être une hôte plutôt inhospitalière. Un de ses clients cette journée-là, rencontre inattendue au don spécial et insensible à son antipathie, se révèlera véritable soutien tombé à pic. Agathe Rousselle et Alex Lawther étincellent dans ce duo platonique, jouant avec une belle complicité de leurs personnalités diamétralement opposées à l'écran. Les humeurs de la capitale s'envolent puis se vident de tout son, nous plongeant au plus près du quotidien d'Elisabeth, confrontée à sa déficience auditive et à la précarité de son visa de travail. Cette sensation constante d'instabilité est captée par une caméra à l'épaule et par des cadres surchargés qui reflètent le rythme trépidant de la ville. Le film transpire une quête échappatoire, qu'il s'agisse de retirer ses appareils auditifs, de contempler une poignée de pilules de trop, ou de s'offrir une nuit d'improvisation pour décompresser entre ami·e·s autour d'une bière. Un baiser saphique sous des regards insistants et une crise de panique dans le métro ne sont que quelques-uns des instants clés d'une soirée mouvementée, qui culmine dans de poignants souvenirs de partage, la cérémonie d’ouverture des Jeux en toile de fond.

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À VOIX BASSE (IN A WHISPER)112 minutesNOV 20 / 19:00

Accompagnée de sa blonde, Lilia revient dans sa maison familiale, en Tunisie, pour les funérailles de son oncle, mort dans de mystérieuses conditions. Doux et douloureux, À voix basse est un beau film porté par deux formidables comédiennes. Vivant à Paris, Lilia revient en Tunisie avec sa blonde, Alice, pour les funérailles de son oncle, retrouvé nu dans les rues de Sousse. Tandis qu’Alice est à l’hôtel, Lilia renoue avec sa famille, menée d’une main de fer par sa grand-mère. Elle tente d’élucider les circonstances de la mort de son oncle et de percer à jour les secrets familiaux alors qu’elle doit voir Alice en cachette. Dans ce troisième long métrage doux et douloureux, Leyla Bouzid tisse habilement les liens intimes et politiques de son récit, entre la violence de l’homophobie sociale et celle des silences qui pèsent sur cette famille conservatrice et aimante. Le cœur battant du film, c’est Eya Bouteraa dans la peau de cette jeune femme qui cherche à se libérer et Hiam Abbass dans celui de sa mère, digne et secrète. Elles ont toutes les deux une présence qui perce l’écran, tout en regards et en non-dits.

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ANOTHER MAN (UN ALTRE HOME)100 minutesNOV 28 / 21:15

Depuis six ans, Marc et Eudald filent le parfait amour dans leur appartement de Barcelone, jusqu’à ce que la mère de Marc se suicide et qu’un séduisant voisin emménage. La redoutable radioscopie au rasoir d’une crise d’identité existentielle et de celle d’un couple pourtant aimant. Dans un quartier bobo de Barcelone, Marc et Eudald, respectivement graphiste et acteur, filent le parfait amour depuis six ans. Jusqu’à ce qu’un séduisant voisin emménage de l’autre côté de la rue, un an après le suicide de la mère de Marc. Celui-ci fantasme de plus en plus en secret sur le voisin et Eudald commence à se douter que quelque chose ne tourne pas rond. Mais quoi exactement ? Avançant tranquillement touche par touche, Another Man fait le portrait d’un homme en crise qui ne sait comment l’exprimer, même à celui qu’il aime le plus, et le constat incroyablement juste des enjeux d’un couple plus tout nouveau mais pas encore vieux. Un film queer de la maturité, sans coming out, double vie ou fin tragique. Ça fait du bien !

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BLACK BURNS FAST[NOUVELLE VOIX]95 minutesNOV 21 / 14:10

Qu’advient-il lorsque l'on plonge une adolescente boursière d'origine modeste au cœur d'un établissement privé religieux ? Et si on y ajoute des enjeux de couleur de peau et de sexualité, sans oublier une nouvelle élève incroyablement stylée qui ne cesse de la chercher du regard à l'autre bout de la classe ? La réponse : une comédie rafraîchissante et criante de vérité, qui suit Luthando et sa bande dans les méandres de l'amitié féminine, des drames adolescents, des amours naissants et de la pression sociale. Cette aventure légère et entraînante s'appuie sur une galerie de personnages riche et nuancée, mettant à l’épreuve l'émerveillement de la jeunesse et son innocence face aux questions de loyauté, de trahison, d'amitié et de sentiments amoureux qui s’entremêlent dans des nuances subtiles de l’obéissance et de la rébellion. Black Burns Fast explore les douleurs de la transition entre l'adolescence et le passage à l'âge adulte, ainsi que l'éveil de la sexualité. Les pensées des personnages prennent vie à l'écran sous forme d'animations, tandis que des fils de discussions textes tissent des intrigues secondaires à travers tout l'écosystème de l'école. Véritable microcosme du monde qui les attend : un monde marqué par les inégalités sociales et le deux poids, deux mesures, qu'il s'agisse de couleur de peau, de genre ou de classe, et par les actes de courage requis pour faire entendre sa voix, tant pour soi-même que pour celleux que l'on aime.

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CE N'EST PAS L'HOMOSEXUEL QUI EST PERVERS MAIS LA SOCIÉTÉ DANS LAQUELLE IL VIT (NICHT DER HOMOSEXUELLE IST PERVERS, SONDERN DIE SITUATION, IN DER ER LEBT)[RE:VISION RETRO QUEER]67 minutesNOV 25 / 19:00

Daniel et Clemens tombent amoureux, emménagent ensemble et tentent d’imiter les conventions d’un mariage bourgeois. Lorsque leur relation prend fin au bout de quatre mois, Daniel s’immerge de plus en plus dans la sous-culture gaie berlinoise. Il trouve un emploi dans un café gai et fréquente les parcs et les lieux de rencontre publics prisés par les hommes homosexuels. Finalement, il rencontre Paul, qui l’introduit dans une communauté gaie où l’on discute ouvertement de modèles alternatifs de vie et d’identité(s) homosexuelle(s). La critique cinglante de Praunheim à l’égard de l’invisibilité que s’imposaient les personnes homosexuelles dans la vie publique est l’un des rares exemples de film ayant eu un impact sociopolitique direct. À la suite de ses premières projections, plus de cinquante groupes militants ont vu le jour, jetant ainsi les bases du mouvement moderne de défense des droits des personnes homosexuelles en Allemagne. Tourné à l’origine sans son et complété par la suite par une voix off ironique, le film mêle fiction et images documentaires, manifeste et essai, pour aboutir à un appel direct à l’auto-organisation collective. Sa forme expérimentale et ouverte est aussi provocante et stimulante que sa critique de grande envergure.

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CRUISING[FRISSONS QUEER : FANTASIA x IMAGE+NATION]100 minutesNOV 22 / 15:00

Les bars-cuir de la scène underground new-yorkaise deviennent le théâtre d'un jeu dangereux mêlant désir, identité et surveillance. Avec Cruising, William Friedkin nous plonge au cœur de la vie nocturne queer du New York d'avant les années sida, où un jeune policier sous couverture se retrouve aspiré par l'univers qu'il était censé infiltrer. Al Pacino incarne Steve Burns, un jeune cadet chargé de s'infiltrer dans le quartier cuir de Manhattan afin d'y traquer un tueur qui prend pour cible des hommes gays. Évoluant incognito au sein de cette communauté, Burns fréquente les bars, les clubs et enchaîne les rencontres nocturnes. Tandis que l'enquête l'entraîne toujours plus loin dans un monde qui lui est inconnu, il lui devient de plus en plus difficile de l’observer avec recul. Sorti en 1980, Cruising demeure l'un des films les plus controversés du cinéma américain sur la vie queer. La mise en scène ténébreuse et atmosphérique de Friedkin capte l'anonymat électrique de la subculture cuir et S&M new-yorkaise, tout en floutant délibérément les frontières entre jeu de rôle, maintien de l'ordre, désir et identité. Cruising sera présenté aux côtés de Mineshaft: The Cruising Murders, un documentaire qui explore les faits divers réels et le fameux bar cuir au centre de cette histoire. Ensemble, ces deux œuvres proposent un double regard sur un moment charnière du New York queer, juste avant que la crise du sida ne vienne bouleverser la communauté.

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DON’T COME OUT (NO SALGAS)[NOUVELLE VOIX]105 minutesNOV 21 / 21:15

Poignant et percutant, Don’t Come Out est un film d'horreur qui met en lumière l'identité queer femme avec une intensité viscérale impossible à ignorer. Le film ne fait l'économie d'aucun détail quant aux conséquences découlant d'une vie authentique au sein d'un environnement homophobe et misogyne, montrant surtout comment ce dernier s'infiltre dans l'esprit et vient le hanter. Liz, étudiante en médecine, mène une existence en apparence idéale. Tant qu'elle se montre prudente, les conséquences ne restent qu'une lointaine menace. Après la mort soudaine et brutale de sa petite amie clandestine, Liz continue de sauver les apparences : elle joue la fille dévouée et se fait passer pour hétérosexuelle aux côtés d'un petit ami attentionné. Lors d'une escapade le temps d'un week-end avec ses meilleur·e·s ami·e·s, la réalité la rattrape et la fuite n'est plus une option. Alors qu'elle se retrouve de nouveau happée par un désir saphique, l'horreur liée à la transgression des normes sociales se déchaîne, et aucun retour en arrière n'est possible. S'inspirant du cinéma giallo en combinant suspense, érotisme et une cinématographie soignée tout en intégrant des éléments d'art moderne et grotesque, Don’t Come Out est une œuvre qui ne manquera pas de vous hanter bien après le générique de fin.

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DOWNTOWN (EN)100 minutesNOV 29 / 13:00

À Amsterdam, au cours d’une soirée pendant la pandémie, trois amis de longue date règlent leurs comptes en revenant sur les années 80. Jamais larmoyant et souvent drôle, Downtown met à plat les impacts du sida et de la Covid sur la communauté LGBTQ+. En 2021, à Amsterdam, deux amis de longue date se retrouvent pour une soirée avec masques et distanciation, Covid oblige. L’un des deux a récemment croisé le chemin de l’ancien amant de l’autre et l’a convié à leurs retrouvailles en invité surprise. Le trio s’est connu dans les années 80 et se remémore leur jeunesse vécue à fond. Au début, l’ambiance est tendue mais peu à peu, les masques tombent et les vieilles blessures refont surface. Downtown est probablement le premier film à mettre en parallèle les deux pandémies, leurs points communs, leurs différences et les répercussions qu’elles ont eues sur la vie LGBTQ+, tant collectives qu’intimes. Avec finesse et un brin d’humour, le cinéaste passe d’une époque à l’autre, dessinant joliment les portraits de ces trois amis, résilients mais marqués par les années qui passent.

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