
ROSA VON PRAUNHEIM | ALLEMAGNE | 1971 | 67 MIN | VO ALLEMANDE STF
ROSA VON PRAUNHEIM | ALLEMAGNE | 1971 | 67 MIN | VO ALLEMANDE STF
Daniel et Clemens tombent amoureux, emménagent ensemble et tentent d’imiter les conventions d’un mariage bourgeois. Lorsque leur relation prend fin au bout de quatre mois, Daniel s’immerge de plus en plus dans la sous-culture gaie berlinoise. Il trouve un emploi dans un café gai et fréquente les parcs et les lieux de rencontre publics prisés par les hommes homosexuels. Finalement, il rencontre Paul, qui l’introduit dans une communauté gaie où l’on discute ouvertement de modèles alternatifs de vie et d’identité(s) homosexuelle(s). La critique cinglante de Praunheim à l’égard de l’invisibilité que s’imposaient les personnes homosexuelles dans la vie publique est l’un des rares exemples de film ayant eu un impact sociopolitique direct. À la suite de ses premières projections, plus de cinquante groupes militants ont vu le jour, jetant ainsi les bases du mouvement moderne de défense des droits des personnes homosexuelles en Allemagne. Tourné à l’origine sans son et complété par la suite par une voix off ironique, le film mêle fiction et images documentaires, manifeste et essai, pour aboutir à un appel direct à l’auto-organisation collective. Sa forme expérimentale et ouverte est aussi provocante et stimulante que sa critique de grande envergure.
Rosa von Praunheim (1942–2025) était un réalisateur, écrivain, producteur et militant LGBTQ allemand, considéré comme l'un des pionniers du cinéma queer et du mouvement de libération homosexuelle en Allemagne. Son film de 1971, Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers mais la société dans laquelle il vit, est devenu une œuvre majeure de l'activisme queer. En plus de cinquante ans de carrière, il a réalisé plus de 150 films consacrés notamment aux vies queer, au sida, aux identités trans et aux cultures underground. Son œuvre a reçu de nombreuses distinctions, dont plusieurs Teddy Awards et la Berlinale Camera.
Rosa von Praunheim a conçu The Einstein of Sex comme un hommage à Magnus Hirschfeld, figure pionnière de la lutte contre l'homophobie dont l'œuvre et l'héritage ont failli être effacés par les nazis. Il souhaitait montrer Hirschfeld à la fois comme militant politique et comme être humain, en s'intéressant non seulement à ses combats scientifiques et sociaux, mais aussi à ses émotions, ses espoirs, ses relations et ses contradictions. À travers un drame historique plus conventionnel, von Praunheim espérait rendre son nom à la mémoire collective et honorer l'humanisme profondément personnel qui guidait son combat pour l'émancipation sexuelle.
Werner Kließ
Rosa von Praunheim, Martin Dannecker, Sigurd Wurl
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