
ANDREW HAIG | CANADA + ROYAUME-UNI | 2026 | 117 MIN | VOA
ANDREW HAIG | CANADA + ROYAUME-UNI | 2026 | 117 MIN | VOA
Un jeune gay revient vivre dans les montagnes du Colorado auprès de son père taciturne, de son frère et de leur mère qui rêve d’ailleurs. Un film élégiaque, majestueux et intime, superbement mis en images par André Turpin. Dans les années 50, Mike revient vivre dans la maison familiale, nichée dans les montagnes du Colorado, après avoir vécu sur une ferme. C’est un jeune homme tranquille, apparemment peu troublé par ses rêveries homosexuelles. Son frère part bientôt pour la Corée et son père tente de sortir de l’alcool leur mère, femme frustrée qui rêve d’ailleurs. Un jour, elle disparaît sans laisser de traces. Magnifiquement filmé par Andrew Haigh (Weekend, 45 Years, All of Us Strangers), A Long Winter déroule peu à peu son récit poignant sur le désir, le deuil et la résilience. Le directeur-photo québécois André Turpin tire le maximum de la beauté grandiose des paysages et met admirablement en lumière le jeu nuancé des acteurs, tous impeccables. En premier lieu, Fred Hechinger dans la peau d’un rafraîchissant personnage queer sans que cette donnée soit l’essentiel de sa nature.
Andrew Haigh est un réalisateur et scénariste britannique primé, reconnu pour ses drames intimistes centrés sur les personnages. Il se fait largement connaître avec Weekend (2011), puis réalise 45 Years (2015), Lean on Pete (2017) et All of Us Strangers (2023), nommé six fois aux BAFTA. Il crée également la série HBO Looking et écrit et réalise la mini-série BBC The North Water. Son travail est salué pour sa précision émotionnelle et son exploration nuancée des relations, de l'identité et du désir. A Long Winter est son long métrage le plus récent.
Andrew Haigh souhaitait qu'A Long Winter invite le public à entrer dans son univers et à l'éprouver selon ses propres rythmes. Il a imaginé le parcours de Mike comme une ouverture progressive : à mesure que le personnage accueille davantage le paysage qui l'entoure, il accède aussi plus profondément à son monde intérieur. Visuellement, Haigh voulait que la caméra accompagne cet éveil, qu'elle commence peu à peu à « respirer » et à s'ouvrir. Plutôt que de réaliser un film d'époque conventionnel sur les années 1950, il recherchait un univers onirique, réel sans l'être tout à fait. Il souhaitait aussi représenter la queerness au-delà du seul désir sexuel.
Tristan Goligher, Chad Oakes, Michael Frislev, Michael Elliott
Andrew Haigh
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