
LEYLA BOUZID | TUNISIE + FRANCE | 2026 | 112 MIN | VOF + ARABE STA
LEYLA BOUZID | TUNISIE + FRANCE | 2026 | 112 MIN | VOF + ARABE STA
Accompagnée de sa blonde, Lilia revient dans sa maison familiale, en Tunisie, pour les funérailles de son oncle, mort dans de mystérieuses conditions. Doux et douloureux, À voix basse est un beau film porté par deux formidables comédiennes. Vivant à Paris, Lilia revient en Tunisie avec sa blonde, Alice, pour les funérailles de son oncle, retrouvé nu dans les rues de Sousse. Tandis qu’Alice est à l’hôtel, Lilia renoue avec sa famille, menée d’une main de fer par sa grand-mère. Elle tente d’élucider les circonstances de la mort de son oncle et de percer à jour les secrets familiaux alors qu’elle doit voir Alice en cachette. Dans ce troisième long métrage doux et douloureux, Leyla Bouzid tisse habilement les liens intimes et politiques de son récit, entre la violence de l’homophobie sociale et celle des silences qui pèsent sur cette famille conservatrice et aimante. Le cœur battant du film, c’est Eya Bouteraa dans la peau de cette jeune femme qui cherche à se libérer et Hiam Abbass dans celui de sa mère, digne et secrète. Elles ont toutes les deux une présence qui perce l’écran, tout en regards et en non-dits.
Leyla Bouzid est née et a grandi à Tunis. Elle poursuit ses études supérieures en France, d'abord en littérature à la Sorbonne, puis en cinéma et réalisation à La Fémis. Son premier long métrage, À peine j'ouvre les yeux, sort en 2015 et reçoit un prix à la Mostra de Venise ainsi que plus de quarante récompenses internationales. Son deuxième long métrage, Une histoire d'amour et de désir, est choisi comme film de clôture de la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2021. À voix basse, son troisième long métrage, est présenté en compétition à la Berlinale 2026.
C'est pour moi l'occasion de représenter et de filmer l'amour de ces deux femmes, puisqu'aucun film n'a encore exploré l'homosexualité féminine dans un territoire arabe et musulman. Elle est absente des représentations. Elle n'a donc ni identification, ni existence, ni corps. […] À travers cette histoire d'amour, je veux déplacer le regard de ce qui est interdit vers la beauté et l'intensité des sentiments vécus. […] Le cinéma, à travers la représentation et l'identification, nous permet d'ouvrir des portes fermées, de donner une existence à celles et ceux qui sont contraints de se cacher.
Caroline Nataf
Leyla Bouzid